Lundi 20 novembre 2006
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Aujourd’hui, 18 novembre, nous voilà sur nos quatre pattes à 6H00 du matin pour notre dernier rendez-vous péruvien, l’Amazonie ! Il faut vraiment en vouloir fermement pour y aller, car c’est le bout du Monde. Le vol de 8H20 nous a d’abord amenées jusqu’à la ville de Puerto Maldonado d’où nous avons pris un bus jusqu’aux rives du fleuve Madre de Dios. Puis nous avons «atterri» dans une petite embarcation pour un voyage d’une heure sur le fleuve pour nous rendre dans la Réserve de Tambopata. Ah que ces noms chantent beau à nos oreilles, Madre de Dios, Tambopata, Inkaterra, Lago Sandoval mais aussi qu’ils sont synonymes de trucs gigantesques, de bêtes hostiles, de choses que l’on souhaite ne pas rencontrer en croisant tous les doigts de nos corps et même ceux que l’on n’a pas !!! Car nous étions prévenues, l’Amazonie péruvienne et plus particulièrement la Réserve de Tambopata c’est de toute beauté, mais c’est aussi celle où l’on rencontre le plus de bidules à pattes qui font «flipper» sérieusement. Cette région occupe une superficie 1 043 998 hectares et présente la plus haute diversité en termes de faune et de flore. Au total, 575 espèces d’oiseaux, 1200 de papillons, 103 de libellules, 135 de fourmis arboricoles, 103 de mammifères, 60 d’amphibies, 67 de reptiles (serpents, tortues, crocodiles blancs et noirs et petits lézards) et 94 de poissons. On a l’impression en prenant connaissance de cette liste qu’on ne pourra échapper à la morsure de boa, à la piqûre de mygale et au paludisme foudroyant. Notre arrivée dans la réserve en milieu de matinée nous permet de prendre toute la dimension de ces deux jours et plus particulièrement quand notre guide José, enfant de la «savane», nous accueille et nous conte ses recommandations. Nous disposons dans notre cabane d’un sifflet que nous devons utiliser en cas de problème. À la question «Quel type de problème ?», nous attendons encore la réponse. Les habitants de la réserve sont tous équipés de talkie-walkie et répondent présents 24 heures sur 24. Les lampes à alcool nous permettent un éclairage timide dans nos chambres, il n’y a pas de lumière dans nos cabanes sauf dans la salle de bain, comme si nous pouvions imaginer 30 secondes la nécessité de cette chose pour notre maquillage du matin. Pour nous rendre d’un point à un autre dans le lieu, nous disposons d’une lampe torche et il est formellement interdit de pénétrer la forêt seul. Ca tombe bien, on n’en avait pas envie !!! Puis, nous passons à la déclaration d’assurance (nom de la compagnie, numéro de police) et à l’identité des personnes à prévenir en cas d’urgence (pauvres parents dont on a donné les coordonnées !!!). Franchement on se demande un instant si on n’est pas givrées d’avoir choisi ce lieu pour finir notre aventure péruvienne. Un peu fatiguées par cette vie trépidante, par les changements d’altitude (de 3830 à 3200, de 3200 à 4800, de 4800 à 2200 et de 3360 à 200), nous voilà rassurées quand José nous autorise une siestounette jusqu’à 15H30, heure à laquelle nous partirons pour une grande ballade dans la jungle. Et quelle ballade !!! Nous avons, à la lumière de José, découvert le nid du boa le plus grand de la réserve (7 mètres), contourné l’arbre porteur des fourmis les plus meurtrières de la terre, approché de près l’énorme trou d’une mygale, frôlé les feuilles tranchantes d’un arbre, humé le parfum de l’arbre ail, découvert les plantes médicinales utilisées par les habitants de la jungle, regardé avec émerveillement les lianes désaltérantes et appris que la sève d’un arbre permettait une « opération sans douleur » grâce à son pouvoir anesthésiant… Et puis, il y a aussi tous ces oiseaux (aras, toucans…), papillons, singes et autres belles bêtes que nous avons contemplé avec le plus grand des plaisirs. Cette ballade terminée, nous avions rendez-vous au port de la réserve pour une exploration de nuit des berges du fleuve Madre de Dios. Nous voilà de nouveau dans cette petite embarcation où les recommandations du pilote ne manquent pas d’attirer notre attention. Les caïmans dorment la journée et sortent la nuit pour chasser, aussi, il est formellement recommandé de ne pas bouger dans la pirogue, de ne pas changer de place pour ne pas se voir chavirer. C’est une dizaine de paires d’yeux qui n’ont plus bougé et une dizaine de bouches qui n’ont plus «moufté». Au rendez-vous, le plus gros rongeur de la terre, le caïman blanc et la chouette. Après cette ballade, quelque peu impressionnante, nous voilà de retour pour un dîner et une nuit bien mérités. Le lendemain, réveil au son des oiseaux à 5H00 du mat pour un départ à 6H00 vers le Lago Sandoval. Après une navigation de 30 minutes, il faut parcourir 5 km en 1 heure 30 minutes. Là, sur les recommandations de José, nous avions chaussé les bottes en caoutchouc de la réserve et bien nous en a pris. Pour aller contempler les aras rouges, jaunes et bleus, José a décidé de nous faire sortir du chemin boueux pour entrer dans le marécage. Nous avions de l’eau jusqu’à mi-bottes et avons parcouru celui-ci jusqu’à la vision de ces beaux aras. Puis, nous avons repris le cours normal du chemin jusqu’au lac. Il fait environ 3 km de long, 1 km de large et sa profondeur va de 0,5 à 3 mètres. Il est entouré par des zones marécageuses où pousse le palmier autochtone appelé aguaje (palmier bâche). Ce lac a la particularité d’accueillir une grande variété d’oiseaux, comme les cormorans, les toucans, les aras appelés « guacamayos », les perroquets, les poules sauvages appelées «hoacín» ou «shansho» dont la tête arbore une houppette ainsi que diverses espèces de caïmans, dont le caïman noir. Nous avons vu aussi le serpent de marécage, les tortues, les plus beaux papillons de notre vie et regretté de ne pas avoir vu de tapirs et de loutres d’Amérique. Après une heure de navigation à la rame sur le lac, José avec la plus grande délicatesse, nous offre une serviette humide pour nous rafraîchir car ça cogne vraiment ainsi que pommes et clémentines. Deux heures de ballades dans le plus grand des silences nous ont permis de contempler un paysage d’une étrange beauté mêlé de vision de bout du Monde et de découvertes bouches bées. Pour retourner au port du lac, il nous faut repasser dans les marécages où l’on espère ne pas se faire frôler par les lianes porteuses d’insectes meurtriers ou voir atterrir dans notre embarcation le fameux serpent croisé tout à l’heure. Alors, on rame, on écope sans laisser à la nature la moindre occasion de prendre place dans notre petit espace. À 11H00 du mat, après 2H00 de marche, retour vers les berges de Madre de Dios pour rejoindre la réserve et faire un brin de toilette car on est vraiment boueuses, transpirantes (taux d’humidité : 80%) et puantes. L’après-midi a été ponctuée par une sieste suivie d’une ballade dans la canopée à 35 mètres du sol. Nous atteignons cette hauteur par une tour de bois au-delà de laquelle se trouve la cime des «émergents», arbres de plus de 50 mètres. Le soir, nous avions rendez-vous avec José pour affronter la jungle de nuit, et là, trop pour nous. Nous avions découvert de jour toutes les bêtes les plus impressionnantes et avons estimé que le temps du «repos du guerrier» était arrivé pour nous et avons profité de ce moment pour savourer un bon apéro, Ouffff !!!! Nous partions le lendemain, avions besoin de remettre un peu d’ordre dans nos sacs à dos puants d’humidité et espérions nous reposer un peu pour savourer le flux des belles pensées qui nous envahissaient. Cette étape était la dernière du Pérou et nous avions besoin de prendre toute la dimension de ce départ d’un pays dans lequel nous reviendrons sans nul doute.
Bisouxxxxx à nos Français préférés !!!!!
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